Les 3 & 4 septembre 2022, place du Grand-Jardin.

Edité par la Régie Culturelle de Vence, ce livre est le fruit de la résidence de création et transmission de Sigolène Vinson et Stéphane Drillon à Vence. Il est présentée en présence des auteurs.
«Vence rêvée» : illustrations de Stéphane Drillon, textes de Sigolène Vinson, édité en mai 2022 par la Régie Culturelle de Vence.

Les mots de l’illustrateur Stéphane Drillon : « La création d’un livre qui soit le résultat de notre résidence commune à Vence avec Sigolène était une évidence dès le départ, puisqu’il s’agissait de la poursuite de notre collaboration sur les précédents « Ce qu’on ne voit pas – Paris » et « Ce qu’on ne voit pas – Montpellier ». Une différence notoire est que c’était la première fois que nous étions amenés à travailler vraiment en duo, les précédents ouvrages ayant été réalisés de façon totalement séparée. À Vence, nous avons conduit des ateliers à la fois littéraires et plastiques avec différents groupes de personnes, dans le milieu scolaire ou non, pour l’aspect « action culturelle » de cette résidence, et pour moi qui suis habitué à travailler de façon solitaire, cela a été un réel bonheur.

Ma technique de recherche, à Vence ou Paris, aux Îles Féroé ou en Brie Nangissienne, ne change pas : il s’agit à 90% du hasard de l’exploration. Sillonner sans plan, le plus souvent à pied, les artères ou les chemins d’un territoire, appareil photo en bandoulière, et s’arrêter quand une image, une composition, saute aux yeux. Parfois c’est une évidence flagrante, dans d’autre cas, il faut y réfléchir un peu avant de se persuader que le dessin qu’on pourra tirer du lieu est viable. Dans les deux cas, il faut un peu peaufiner l’angle de vue, trouver la meilleure position. Puis photographier, et une fois rentré à l’atelier, entamer le lent processus de transmutation.

Les lieux qui m’inspirent sont, bien sûr, les splendides demeures, qu’elles soient en parfait état ou bien galvaudées par le temps. Mais il peut aussi s’agir d’un bâtiment contemporain tout en verre, de la caserne des pompiers avec son improbable architecture creuse, d’un garage de réparation automobile qui porte encore les couleurs de marques depuis longtemps oubliées, et ainsi de suite. La beauté est partout, même si ce n’est pas toujours dans les mêmes proportions.

Et si je supprime volontairement toute trace de vie de mes dessins, j’aime à penser qu’elle transparait dans chaque façade, que les murs suintent encore des rêves des gens qui ont vécu là et ont modelé, d’une façon ou d’une autre, leur apparence ».

Les mots de l’auteure Sigolène Vinson : « Contrairement à Stéphane, le livre Vence Rêvée ne m’est jamais apparu comme une évidence. Que ses dessins soient réalisés et vus, oui. Que mes mots soient écrits et lus, aussi. Mais sous quelle forme, sur quel support, je n’en avais pas la moindre idée.

Stéphane et moi avions déjà travaillé ensemble et séparément sur deux livres.  Chacun allait alors de son côté. Stéphane effaçait la moindre trace de vie tandis que je traquais la plus petite des herbes folles. Le texte n’avait pas à répondre aux dessins, il devait rester à sa place, celui d’une musique que l’on entend de loin. Beaucoup ont été déconcertés par ce parti pris, les mots ne seraient en rien reliés à l’image. Pourtant, ils raconteraient la même histoire, celle de tout ce qu’on ne voit pas, de tout ce qu’on ne voit plus.  À Vence, Stéphane et moi étions forcés de remarquer les mêmes choses au même moment. La ville est petite et nous y étions des étrangers. Seul le traitement et l’appréciation de que ce nous distinguions des paysages, des architectures, de la faune, de la flore, des habitants, allaient diverger. Nos modes d’expression sont évidemment différents, nos points de vue aussi.L’expérience de Vence diffère également de nos travaux précédents par le travail collectif mené par ailleurs. Nous ne pouvons pas négliger la part des publics rencontrés dans ce que nous avons produit. Leurs créations ont influencé les nôtres et inversement. Oui, Vence a été rêvée à plusieurs ».

Les mots du Directeur de la Régie Culturelle de Vence Jean Iborra : « A l’occasion du salon Lire à Vence 2022, Vence édite l’ouvrage « Vence rêvée ». Ce livre est l’aboutissement d’une résidence d’artistes, organisée durant l’année 2019-2020, par le Musée et la Médiathèque de Vence, avec le soutien de la DRAC PACA. Le projet consistait à inviter un dessinateur et un écrivain autour du thème : vie réelle / vie rêvée. Il s’agissait à la fois d’une résidence de création (écriture/dessin) et d’une résidence de transmission, à travers des rencontres avec de nombreux publics (écoles, collèges, lycées, publics empêchés, etc.). Le jury de l’appel à candidatures a été séduit par la proposition conjointe de Stéphane Drillon et Sigolène Vinson, binôme qui avait déjà été précédemment réuni dans le cadre du projet « Ce qu’on ne voit pas, Paris », publié aux éditions du Tripode. Cette expérience s’est avérée d’une grande richesse, artistique et humaine. Stéphane Drillon saisit les lieux à travers leur dimension architecturée, dans une sorte d’isolement qui atteint par moments au fantastique. Sigolène Vinson capte l’humain, les instants de vie, ce qui se passe dans les interstices et peut créer une passerelle immédiate vers l’imaginaire, faisant naitre une poésie qui navigue entre le quotidien et le rêve… Le travail de création s’est élaboré dans une appropriation sensible du territoire – la ville de Vence, ses rues, ses habitants, les paysages environnants… L’ouvrage témoigne de leurs regards croisés et du dialogue qui s’est nourri entre eux, dans le processus même d’écriture des textes et d’élaboration des dessins, pendant leur temps de présence commune à Vence ».

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